27 février 2008
La jeunesse libanaise: De désillusions en coups durs
14 février 2008: Branle-bas de combat. Le Liban se réveille en émoi. Le matin, le clan du 14 mars, drapeaux et bannières dehors, commémore le 3ème anniversaire de l'assassinat de Rafic HARIRI et des martyrs tombés avec lui à grand renfort de discours tonitruants et d'accusations acerbes. L'après-midi, place aux "autres": C'est au tour du Hezbollah de vider son sac lors des funérailles de l'un de ses chef, Imad MOGHNIYEH, assassiné la veille en Syrie par le Mossad. Alors que les Américains et les Occidentaux boivent du petit-lait, c'est l'occasion pour le Hezbollah de réagir, en termes durs, aux propos tenus le matin par la majorité au pouvoir et de se répandre en imprécations contre l'ennemi sioniste et ses procédés tordus. La rue est enflammée. Jamais les clivages n'ont paru aussi prononcés. Scotchés devant le petit écran, nous retenons notre souffle. Chaque camp a du mal à mater ses partisans. Le soir, les débordements dégénèrent. Les jeunes se laissent vite prendre au piège. Envoûtés par les propos galvaniseurs de leurs leaders, ils sont incapables de voir et de comprendre. Ils ne réalisent pas qu'il serait temps pour eux de transcender enfin leurs divisions historico-politico-religieuses et de s'unir pour le Liban. Ce n'est pas en se lançant des accusations et des insultes à tout-va qu'on construit un pays. Ce n'est pas non plus en faisant le plein de haine et de fiel que l'on réussira à vivre ensemble un jour. C'est la jeunesse d'aujourd'hui qui fera le Liban de demain. Mais de cette jeunesse, il ne reste pas grand-chose, à part quelques inconscients qui se plaisent à attiser le sentiment d'allégeance à un clan ou à un leader, et une majorité désabusée qui n'y croit plus et qui se laisse vivre parce qu'elle n'a plus vraiment le choix. Le ciel de février pèse lourd au-dessus du Liban et les perspectives n'ont jamais été aussi mauvaises. J’en pleure presque…
